dimanche 23 mai 2010

absinthe. page 229. Johnny s'en va-t-en guerre

"Vive la bannière étoilée taraboum dié. Goûtes-y gamin c'est bon il y a des gars qui disent qu'il y a de l'alcool dedans mais ne crois pas un mot de ce qu'ils te racontent. Il y a des gars qui disent que cela vous dessèche un homme. C'est de l'absinthe laisse-la couler lentement dans ton verre c'est chouette. "Parley-vous parley-vous" oui monsieur non monsieur je me sens seul chérie où est cette voix américaine ? mon dieu si seulement je la trouvais. Où est Jack où est Bill où est John ? Partis tous partis. Partis dans l'ouest."

Dalton Trumbo, Johnny s'en va-t-en guerre, Actes Sud/Babel, 1987.



Dalton Trumbo
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vendredi 23 avril 2010

absinthe. page 240. Le goûter des généraux

Mère : Vous me dissimulez quelque chose, Audubon.

(elle renifle)

Venez ici.

(il s'approche)

Soufflez.

(il soufflote)

Plus fort.

(il lui fait Ha au nez)

Oh ! Quelle horreur.

(elle le gifle à tour de bras)

Mais vous avez bu ! Vous empestez l'absinthe.

Audubon (pleurniche) : Maman, je ne voulais pas... C'est Plantin !...

Mère : Plantin ? Vous connaissez un Plantin, vous ?

Audubon : Léon Plantin, le Président du Conseil...

Mère : Sa fonction n'est pas une excuse à vos fréquentations ! Son nom pue le roture.

Audubon : C'est lui qu'est venu, tout à l'heure, et il m'a fait boire, il m'a presque forcé , et puis il m'a obligé à faire la guerre.



Boris Vian, Le goûter des généraux, 10/18, 1981.

mercredi 24 mars 2010

absinthe. page 48. Souviens-toi de Lisbonne




















"Protégé par le bois du comptoir noirci par la fumée, brillant comme la réglisse, je me perdais dans les miroirs piqués par le temps, sur lesquels dansait comme dans un poème de Paul-Jean Toulet une femme, l'absinthe, égérie rouge de la Belle Époque. Avant, j'avais longuement regardé le goutte à goutte de l'eau filtrée par le sucre qui éclaircissait l'or jaune, boueux que les orpailleurs de bars recherchent tant. L'absinthe épaisse comme le sang me transportait à tes côtés. Et à l'aube, les rues étroites, les rideaux de fer semblaient se rejeter l'un contre l'autre la faute de m'avoir fait trop boire, de ne pas avoir su te garder."



Olivier Frébourg, Souviens-toi de Lisbonne, La Table Ronde, 1998.



Olivier Frébourg
(photo : © Adrian Searl / Mercure de France)


Annexes :
Olivier Frébourg est né en 1965 à Dieppe Il a été directeur littéraire aux Éditions de La Table Ronde de 1992 à 2002 avant de fonder sa propre maison : les Éditions des Équateurs, maison tournée vers le voyage.
Un entretien avec l'écrivain sur ZeStory.com.

jeudi 25 février 2010

absinthe. page 10. Vie de Joseph Roulin













"Dans le peu qu'en écrit Van Gogh, il est clair que l'autre était alcoolique et républicain, c'est-à-dire qu'il se disait et croyait républicain et était alcoolique, avec une affectation d'athéisme que l'absinthe exaltait ; qu'il était fort en gueule et bon bougre, et de cela sa conduite fraternelle envers le malheureux peintre fait foi."

Pierre Michon, Vie de Joseph Roulin, Verdier, 1988.










Pierre Michon
(photo : Jean-Luc Bertini © Gallimard)

Annexes :
dossier sur Pierre Michon sur le site de l'association Initiales, groupement de libraires.

présentation et liens sur l'auteur sur le site des éditions Verdier.